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Mes impressions sur Madagascar

Publié le par Lili

En espérant que vous allez tous bien, voici un petit résumé pas très court, des sentiments traversés au cours de ces trois mois ici .
Pour ma part, je suis bouleversée par cette expérience humaine ( que j'ai la chance de partager avec David ). Cela est gravé dans mon cœur pour la vie comme une cicatrice. Non pas que ce fut une expérience malheureuse, bien au contraire, mais plutôt à cause d'un ensemble d'émotions que la vie compose telle une mélodie particulièrement passionnée dans ce beau pays à la terre rouge, à l'étendue des rizières humides, aux immenses baobabs, aux forêts tropicales denses, aux lémuriens et leurs petites mains qui chipent les bananes, sans parler du cardinal rouge.... tant de merveilles de la nature, mais surtout humaines !

Par la suite on a vu bien des petites filles de deux ans dans la côte Nord-Ouest de Mada, qui pesaient presque le double de Stéphie.

Stéphie et Idéal, en jeune rappeur.
Stéphie et Idéal, en jeune rappeur.

Stéphie et Idéal, en jeune rappeur.


Je n'ai plus de mots quand à la joie d'avoir eu la chance de monter, en quelques jours, la petite pièce de "zébulon" grâce à la complicité de mes chères petits "ombi" ou zébus : Félina et Fanilou. C'est toujours de bonne volonté et avec le sourire qu'elles s'amusaient et prenaient très à cœur leur tâche avec passion et implication ( avec un français qu'elles connaissent à peine) dans cet art qu'est le théâtre, jusque là encore inconnu d'elles !
Sans oublier les autres petits bouts de choux et les moins petits ! qui ont participé.

Il y a eu aussi les cours de Français, de math pour David, le modelage et la fabrication de marionnettes, la récolte du riz etc...

C'est encore avec nos deux chères complices et encore bien d'autres enfants que nous avons eu la chance de monter une petite chorale.
Ces belles voix qui sont modulées par les chants de messe. Ma gorge se noue d'émotion lorsqu'à plein poumons hommes, femmes et enfants, chantent de tout leur cœur jusqu'au dehors, car la place manque dans l'église pour accueillir tout le monde les jours de fête. Pour nombre d'entre eux, cette réelle ferveur se retrouve dans leur vie de tous les jours, de par leur grande charité qu'ils appellent : "Fihavanana". Leur messe est si joyeuse, rythmée et pleine de vie !!

Mes impressions sur Madagascar

Je dis tout cela même en sachant que tout n'est pas rose ici. Parfois les malgaches (souvent les plus pauvres ou de façon plus hypocrite dans le tourisme) nous voient littéralement comme des sacs à frique. Tant d'hypocrisie me dégoutte parfois, on voit beaucoup de corruption dans la vie quotidienne, comme lorsque dans le taxi brousse, le chauffeur glisse un billet de 1000 Aryar (30 centimes) dans un journal ou donne une noix de cola, aux militaires ou policiers, à chaque barrage et Dieu sait qu'il y en a des barrages sur la route.

Pourtant quand on voit l'état du véhicule et que l'on en subit les conséquences en avançant à vingts à l'heure; que tout le monde nous double dans les cotes et que l'on éclate un pneu quelques heures après que le pot d'échappement tombe et qu'en pleine nuit le chauffeur s’arrête pour bricoler dans le moteur alors que durant tout le trajet, tous les voyants étaient allumés, même l'huile, sans que jamais il n'en remette à aucune de nos pause. Le plus étonnant c'est qu'on arrive tant bien que mal après 27 heures de trajet à Diego Suarez avec un pneu de secours défiant les lois physiques (on y voit la fibre métalique d'un bout à l'autre) à chacun des milliers de nids de "poules" que dis-je, de dinosaure, d'une route d’anthologie.

Voici un autre exemple probant de corruption:

A Andranovaky il y avait de grands pins coupés qui jonchaient le sol. Je demandais à Tafita ce que cela pouvait signifier, il m'expliqua que le directeur du centre de formation du village utilise le bois de ces arbres pour la cuisine du centre tandis qu'il garde pour lui, les subventions destinées à l'achat de charbon pour la cantine. Depuis trois ans le village à perdu la moitié de ses magnifiques grands pins si rare en Imérina. Et personne ne fait, ni ne dit rien.

Tout le monde ici se plaint de l'état, du gouvernement, mais je crois que le problème vient aussi de chacun, heureusement quelques malgaches sont conscient et le reconnaissent !


Voilà, on est actuellement en suspend et dans le doute, car on a pas décollé de Madagascar le vendredi 6 mai comme prévu. David a un staphylocoque doré aux mains. Nous sommes à Antananarivo, accueillis avec beaucoup de délicatesse par une belle famille malgache chrétienne au grand coeur dont : Niry, qui est responsable de la bibliothèque d' Ambohitrakely à Madagascar , Rado son mari et leurs enfants: kéthya et kellan, sans parler des grands-parents: Juliette que l'on pourrait clairement rapprocher de la "Jeanne" de Brassens, chez qui on dort lorsque la petit appartement de Niry est trop plein, tant ils y accueillent de monde. Ici, à Madagascar, c'est l'antithèse de notre monde occidental et individualiste, sauf exception, pour eux, c'est spontanément la communauté. Encore une belle leçon de vie .


D'ailleurs nous avons mis en place un nouveau projet de financement participatif "ulule" avec eux pour la restauration du toit de la bibliothèque et pour les habitants du village :

https://www.ulule.com/bibliotheque-dambohitrakely/

Bonne lecture et à bientôt !

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